Cie Greffe / Cindy Van Acker

Cie Greffe / Cindy Van Acker

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presse

Extrait d'articles

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Alexandre Demidoff - Le Temps - octobre 2013

D’où vient la séduction de cette artiste d’origine flamande, qui lui vaut les faveurs de moult directeurs de salles? Du refus de la séduction, justement. A l’éblouissement du geste, elle préfère son labeur; à la vitesse du prestidigitateur, la lenteur des photographes à l’ancienne, veillant dans le secret de leur laboratoire à la qualité d’un contraste; à l’arrogance du technicolor, la fierté du noir et blanc; aux insurrections lyriques, les révolutions souterraines. Cindy Van Acker construit ainsi sa danse à rebours des modes, en femme-araignée tissant ses lignes de fuite sous les toits.

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Philippe Noisette - Les Inrockuptibles - juin 2009

Dans Antre, le danseur Rudi Van Der Merwe affronte une structure filiforme avec caméra et projecteur intégrés. Dans un clair-obscur, il dévoile un ballet de mouvements simples : caresser une nuque, balancer les bras, rouler au sol. Un état répétitif qui finit par hypnotiser le spectateur/voyeur.

Dans Lanx, que Cindy Van Acker magnifie, il s’agit de faire un avec le sol : donc de ne jamais en détacher plus qu’une infime partie du corps. Il faut voir la chorégraphe, tête en appui sur le plateau, renverser la perspective pour comprendre la portée de son propos : chez Van Acker, l’horizontal prime dans un effet de tension permanente. Jeux de jambe, écartées, entre lesquelles on passe un bras, nœud coulant de gestes, ce solo déploie une énergie singulière. Comme son négatif, Obvie, dernière proposition, qui voit Tamara Bacci dérouler son art cette fois-ci sur deux pieds. La progression, quasi invisible, fait ici office de virtuosité. Intense et merveilleux.

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Alexandre Demidoff - Le Temps - 28 août 2009
La beauté d’un mouvement, parfois c’est d’être irréductible à une signification. D’exister en soi, pure présence, de dilater son mystère, sans l’épuiser (...) Cindy Van Acker taille dans la nuit deux solos, Obtus et Nixe, dansés respectivement par Marthe Krummenacher et Perrine Valli. Ces deux faufilent leur jeunesse entre ombres et tubes de néon, se moquent des lois de l’équilibre, délient jambes et bras en tentacules, silhouettes d’autant plus poignantes qu’elles sont menacées à tout moment d’être effacées. Avec ces pièces, La Bâtie - Festival de Genève offrait vendredi, en guise d’ouverture, son premier choc.

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Anna Hohler - Mouvement - avril 2004 mp;nbsp;
sur Balk 00:49
Cindy Van Acker est à la recherche de mouvements qui aillent «au-delà de la personne. Je voudrais rendre mon corps plus fort que moi, le laisser émerger une sorte de conscience originelle qui se trouve normalement gommée par les habitudes ou ce que nous croyons être nos limites physiques.»
«Balk 00:49» est une pièce austère, un travail de longue haleine, qui exige des spectateurs toute leur attention. Il n'y a rien de plaisant, on en sort fatigué mais empli d'avoir vu, d'avoir senti, d'avoir entendu cette oeuvre à regarder comme une peinture.

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Marie-Pierre Genecand - octobre 2002  journal de l'ADC 
sur Corps 00:00 
On dira de Cindy Van Acker qu'elle n'a peur de rien. (...) Ainsi cette très belle séquence où la danseuse utilise genoux, bras, mains et pieds pour descendre et remonter le cours d'un rectangle selon un itinéraire scrupuleusement balisé. À chaque appui, un carré marqué au sol; et à chaque progression, un corps étiré, ramassé, contrarié -- bref, un corps dont elle explore systématiquement toutes les possibilités. «En fait, une constante de ce travail pourrait se définir comme la recherche du point d'équilibre entre les contraintes extérieures et la nécessité intérieure.» 

Et qu'on ne craigne pas, surtout, le côté linéaire de l'exploration. Parce que le corps existe dans toute sa densité et sa complexité, parce que le travail sur le son et la lumière relaie cette exigence dans la création, il y a de la puissance et du danger dans cette proposition.


Alexandre Demidoff - Le Temps
11 janvier 2006, sur Pneuma 02:05

Pourquoi elle? Pourquoi la chorégraphe et danseuse d'origine flamande Cindy Van Acker, 34 ans, passionne-t-elle autant? Pourquoi le pouls s'affolait-il l'autre soir, à quelques minutes de découvrir "Pneuma 02:05", sa nouvelle création à Genève? Parce que l'enfant de Gistel en Flandres sidère l'amateur (...) sans jamais céder à l'esbrouffe.
(...) Tout est cheminement ici. Certaines visions ont une beauté qui apaise. Ce tableau: les danseurs convergent vers le fond de scène, se dressent, la tête rivée au sol, les pieds collés à une tenture noire. Arrêt sur une sculpture. Cela pourrait être la chute de Pneuma 02:05. Mais non, c'est un pic. La pétrification d'un mouvement pour que d'autres métamorphoses adviennent.


Corinne Jaquiéry - Femina
8 janvier 2006, sur Pneuma 02:05

Pendant trois ans, pour Cindy Van Acker, l'espace a été le seul partenaire, passionné et exigeant. Les solos de la danseuse étaient de l'ordre de la transe immobile. Un souffle imperceptible, une respiration retenue faisaient frissonner l'être. Pareille à une anémone des mers, elle semblait alors caressée par une sourde vague intérieure.
(...) En recherchant la déshumanisation corporelle et la décontruction émotionnelle, Cindy Van Acker affirme qu'elle ne veut pas réduire la personnalité mais bien transcender celle-ci. Ainsi, en retournant à l'essence même de l'humain, elle devient universelle et donne à voir une danse d'une grande intensité.