A propos

Cie Greffe

La compagnie Greffe est fondée en 2002 par la chorégraphe Cindy Van Acker, à l’occasion de la création Corps 00:00, qui lui vaut une reconnaissance internationale. Depuis, la Cie Greffe / Cindy Van Acker a créé une trentaine de pièces, alternant soli puissants et pièces de groupe saisissantes.

En 2025, la compagnie débute une nouvelle convention sur trois ans avec la République et canton de Genève et la Ville de Genève, axée sur la transmission. Deux partenaires se joignent à l’aventure :  le Pavillon ADC, Genève qui accompagne la compagnie depuis ses débuts. La Fondation de l’Hermitage à Lausanne, avec qui la collaboration commence de manière spontanée, en 2023, lorsque Cindy Van Acker investit à plusieurs reprises les salles de l’exposition du peintre flamand Léon Spilliaert. Une confiance réciproque, une envie d’explorer ensemble de nouvelles possibilités émergent à ce moment-là.

Cette convention va permettre à la compagnie Greffe de développer son projet artistique et culturel sereinement sur trois ans, de faire circuler, de partager des émotions, des pratiques, des pensées, des savoir-faire. Du pratique et du symbolique. Du matériel et de l’immatériel. Au cœur du projet, une douce ténacité pour soutenir, sans cesse, la quête de liberté.

Projets spécifiques 2025 - 2027
— Accompagnement d'Anna-Marija Adomaytité - Cie AMA
— Impromptus à la Fondation de l’Hermitage

Cindy Van Acker

© BAK / Charlotte Krieger

Formée en classique à Anvers, Cindy Van Acker crée ses propres pièces depuis 1994. Elle fonde la Cie Greffe à Genève en 2002. Son écriture minutieuse, qui allie lenteur, mentalisation, contrainte, géométrie, minimalisme et spatialisation sonore, se déploie sur un territoire extrêmement singulier. Ces 20 dernières années, alternant soli puissants et pièces de groupe saisissantes, travaillant également le mouvement au cœur de l’opéra, Cindy Van Acker a su produire une danse essentiellement abstraite et pourtant toujours directement connectée à l’idée de lutte, de résistance : de strijd en flamand. Le parcours de Cindy Van Acker est marqué notamment par ses rencontres avec la chorégraphe Myriam Gourfink, le musicien électronique Mika Vainio, le plasticien Victor Roy, le metteur en scène Romeo Castellucci et les danseur.euses avec qui elle établit une relation de travail à long terme et de confiance. Depuis novembre 2017, Cindy Van Acker est Artiste Associée à l’ADC (Association pour la danse contemporaine) à Genève sous la direction d'Anne Davier. Son œuvre lui a valu de nombreuses distinctions (notamment deux Prix suisses de la danse et la médaille de Chevalière de la Légion d’honneur). Cindy Van Acker reçoit le Grand Prix suisse des arts de la scène / Anneau Hans Reinhart 2023 et le Prix culturel Leenaards 2023. L’ Annuaire suisse des arts de la scène MIMOS lui consacre sa publication 2023.

Formée au Stedelijk Instituut voor Ballet de Anvers, Cindy Van Acker a d’abord été danseuse classique au Ballet Royal de Flandre puis danseuse néo-classique au Grand Théâtre de Genève. Elle plonge ensuite en clandestinité pendant huit ans, à la recherche d’une authentique motivation au mouvement, à la danse. Elle prend le temps de quelques pièces expérimentales créées dès 1996, avant de fonder la compagnie Greffe à Genève avec Corps 00:00 (2002): un solo qui obtient immédiatement une reconnaissance internationale. Après deux autres soli, Fractie (2003) et Balk 00:49 (2003), elle créée sa première pièce de groupe, Pneuma (2005). Ce trajet allant du solo vers les compositions de groupe est une constante dans le parcours de Cindy Van Acker : sa recherche prend souvent le temps d’explorations radicales sur un seul corps avant de trouver le multiple. Ainsi, les six soli pour six interprètes Obvie, Lanx, Obtus, Nixe, Nodal et Antre (2008-2009) conduisent-ils à une pièce pour six puis à Diffraction(2011). Ainsi les onze Shadowpieces pour onze interprètes (2018-2021) conduisent-elles à Without references (2021).

Dès Kernel (2007), qui distribuait la réalisation d’un mouvement sur un chœur de trois interprètes, Cindy Van Acker a commencé à explorer la manière dont un ensemble de danseur.euses peut être considéré comme un seul organisme. Des compositions qui travaillent selon les pièces sur l’itération mécanique, sur le mouvement animal ou sur la propagation d’ondes immatérielles, tout en cherchant la manifestation de l’humanité dans des décalages individuels, voire dans l’affleurement de gestes émotionnels. On peut suivre ce tropisme au travers de Magnitude (2013), créé pour 22 danseur.euses du Ballet Junior, Anechoic (2014), pièce de plein air pour 53 interprètes ou encore dans certaines parties des Elementen (2016-2017), composés pour le Ballet du Grand Théâtre de Genève et pour le Ballet de Lorraine.

Depuis 2002, l’artiste est entrée millimètre par millimètre dans certaines organicités impossibles, dis-coordonnées, ré-informant certains attendus anatomiques : elle est descendue dans une lenteur qui finissait par sembler rapide, elle a fissuré l’espace-temps par la suspension, elle a produit du vol avec des ancrages au sol, elle a fait voir le son, vibrer le geste. Son travail insiste là où corps, son, espace et lumière sont traitées comme des matières concertantes, à fusionner. Là où les récits corporels ainsi que les systèmes perceptifs usuels sont ébranlés, floutés, renversés. Pour des mutations qui emportent la danse tour à tour dans des ordres machiniques, végétaux, minéraux, animaux ou cosmiques.

Qu’elle s’intéresse aux significations du mot obvie selon Barthes pour un solo, au transport des charges électriques dans Ion (2015), au futurisme russe pour Zaoum (2016), ou à la peinture de Michaël Borremans pour Speechless Voices (2018), la chorégraphe produit des pièces qui abolissent les frontières entre danse, performance et arts visuels.

La Compagnie Greffe s’identifie pleinement à ce que peut être aujourd’hui une activité d’art contemporain, qui touche à de multiples media, formes et formats. L’exposition Score Conductor (2012), conçue avec Victor Roy, exposait de manière plastique les partitions chorégraphiques de Cindy Van Acker ; la publication Partituurstructuur (2012), sous la direction de Michèle Pralong, croise langage chiffré, danse et poésie ; Le coffret 6/6 (2014) regroupant les films d’Orsola Valenti transpose la danse en extérieur. Tous projets qui confirment les transversalités du geste de création de la chorégraphe.

En 2005, Romeo Castellucci sélectionne Cindy Van Acker pour représenter la Suisse à la Biennale de Venise avec Corps 00:00. Cette première rencontre mène à une première collaboration artistique pour Inferno et Purgatoire de Dante en Avignon (2008). La collaboration s’est poursuivie avec plusieurs opéras : Parsifal de Wagner (2011) à La Monnaie, Moses und Aron de Berg (2015) à l'Opéra Bastille, Tannhäuser de Wagner (2017) à la Bayerisches Staatsoper à Munich, La Flûte Enchantée de Mozart (2018) à La Monnaie, Salomé de Strauss (2018), Don Giovanni (2021) et De temporum fine comoedia (2022) à Salzburg. Dernièrement, ils collaborent sur une nouvelle production du cycle Der Ring des Nibelungen à La Monnaie de Bruxelles, en commençant par le Prologue Das Rheingold (2023), suivi par Les Walkyries (2024).

Cindy Van Acker invite à son tour Romeo Castellucci à collaborer sur sa pièce de groupe Without references (2021). Spectacle radical, la pièce nécessite près d’une année de travail et déploie une dramaturgie interrogeant la pluralité des formes et des durées qui tracent et qui font trace.

En novembre 2023, la chorégraphe est invitée pour l’ouverture du Festival DepARTures de Münich. Elle imagine Sunfish, une soirée d’hommage à Mika Vainio, pionnier de la musique électronique, collaborateur et ami de longue date, décédé en 2017. Sunfish fond en une soirée un assemblage de pièces et d’extraits de pièces existantes, créées avec sa musique.

La première de Quiet Light a eu lieu au LAC Lugano Arte e Cultura pour la soirée d'ouverture du festival Lugano Dance Project en juin 2024. La chorégraphe incite le mouvement à la fugue et la lumière au défi de l’espace dans ce duo épuré à la composition méticuleuse.

Plus largement, la compagnie Greffe est aujourd’hui à la recherche de nouveaux agencements créatifs. Qui prêtent attention au lien, à la lenteur et à la transmission autant qu’aux questions de transition écologique.

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